résumé de la course (suite)
La côte d'Alvito avait permis, après cinq kilomètres de course, à deux coureurs de s'échapper, deux inconnus avides de reconnaissance. Kairat Baigudinov (Kazakhstan) et Alexandru Sabalin (Moldavie) étaient les premiers animateurs de la journée. Les deux s'entendaient très bien mais ne parvenaient pas à creuser l'écart sur un peloton pacifique. Dans la troisième des vingt et une ascensions de la côte d'Alvito, Baigudinov distançait son compagnon d'échappée et poursuivait seul. Il prenait jusqu'à 2'20'' au peloton, rythmé par l'équipe de Hollande, puis s'inclinait dans ce passage stratégique qu'était la côte d'Alvito. Après soixante kilomètres d'échappée, il regagnait les siens dans le peloton, retrouvant son anonymat.
La grande bagarre allait, non pas pouvoir commencer (nous étions encore loin de l'arrivée), mais déjà se mettre en place. Certains signes ne trompaient pas. Les favoris se replaçaient dans les premières positions, l'allure se forçait et les premières attaques fusaient. Elles étaient espagnoles et polonaises. Cuesta et Eladio Jimenez (Espagne) tentaient tour à tour de sortir, mais tout ce dont ils étaient capables était d'étirer le peloton, sans jamais le mettre en danger. L'opération se poursuivit pendant cinq tours, jusqu'à la mi-course, km 126.
A cet instant, Frank Hoj (Danemark) parvint à sortir du peloton sans être rejoint. Le danois partait alors pour un raid en solitaire de 35 km, dans lequel il s'octroyait jusqu'à 3'00'' d'avance sur le reste des coureurs. Il recevait le renfort de cinq coureurs partis en contre à sept tours de l'arrivée (environ 80 km) : Jaksche (Allemagne), Nardello, Basso (Italie), Brard (France) et Aitor Osa (Espagne). Ces cinq-là s'étaient détachés grâce à un magnifique travail offensif des français Bessy, Bouyer, Chavanel et Brard. Un tour plus loin, dans la difficile côte d'Alvito, Hoj était distancé de ce groupe de tête, et le renfort de deux contre-attaquants, Wadecki (Pologne) et Moos (Suisse) n'annonçait rien de bon. En effet, le peloton n'était plus très loin et au 15ème passage sur la ligne d'arrivée, à 72 km du but, l'écart n'était plus que de seize secondes.
Deux kilomètres plus loin, dans les premières rampes de la côte de Serafina, tout le monde était revu et l'on devait de nouveau composer avec un peloton compact.
Deux tours plus loin, à moins de cinquante kilomètres de l'arrivée, la côte d'Alvito allait de nouveau permettre à deux coureurs de s'isoler. Danilo Di Luca (Italie) et Angel Vicioso (Espagne) s'échappaient, laissant derrière eux un groupe d'une dizaine de coureurs se former. Bettini (Italie) et Virenque (France) étaient de la contre-attaque, mais rien n'allait véritablement se passer comme voulu. Dans une nouvelle ascension de la côte d'Alvito, Bettini laissait sur place ses adversaires afin de se joindre aux deux hommes de tête. Dès lors, les italiens se retrouvaient en position favorable, avec deux représentants à l'avant. Derrière, Virenque persistait encore un peu avant de rentrer dans le rang, à 35 kilomètres de l'arrivée. La côte d'Alvito, si bénéfique il y a deux tours pour les trois hommes de tête, leur était alors fatale, à 30 km du but, et le peloton se regroupait une nouvelle fois.
Sur la photo, Jan Ullrich reste en première ligne d'un peloton secoué par de nombreuses attaques mais infructeuses. Il attend son heure pour dynamiter la course.